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Accompagnement des troubles de la personnalité

Qu’est ce que c’est ?

La thérapie des schémas, créée par Jeffrey YOUNG, s’inscrit dans le mouvement de 3e vague des TCC qui place l’émotion au cœur du processus de changement, comme le font la Mindfulness et l’ACT.
Les schémas sont des croyances profondes sur nous-mêmes et le monde, acquises dans l’enfance, associant de manière inconsciente pensées, souvenirs, émotions et sensations physiques. La thérapie des schémas, s’intéresse principalement aux schémas précoces inadaptés.

Les schémas précoces inadaptés sont :
  • des thèmes importants et envahissants
  • constitués de souvenirs, d’émotions, de cognitions et de sensations corporelles
  • constitués au cours de l’enfance/adolescence suite à des expériences nocives régulièrement répétées
  • des représentations de soi et de ses relations aux autres basées sur notre environnement d’enfant
  • enrichis tout au long de notre vie → ils se « battent pour survivre »
  • dysfonctionnels : nous les perpétuons dans nos interactions sociales avec des perceptions qui ne sont plus exactes, ni adaptées
  • dimensionnels : ils peuvent avoir différents niveaux d’envahissement et de gravité
  • inconditionnels (croyances précoces subies) VS conditionnels (stratégies précoces adaptatives)

Lorsque l’on fait l’expérience, en tant qu’adulte, de l’activation d’un de nos schémas, on vit une expérience émotionnelle semblable à ce qu’on a vécu lors de son élaboration. Il est ici question de continuité cognitive, de vision stable de soi-même et du monde, même si celle-ci est en fait imprécise ou erronée.

18 schémas précoces inadaptés :

Schémas précoces de séparation et de rejet : Certitude que ses besoins de sécurité, de stabilité, d’affection, d’empathie, de compréhension, d’approbation et de respect ne seront pas satisfaits.

Schémas précoces de manque d’autonomie et performance : Les exigences vis-à-vis de soi-même et du monde externe ne correspondent pas à la capacité (perçue) de survivre, d’agir indépendamment et d’arriver à une réussite suffisante.

Schémas précoces de manque de limites : Il peut s’agir de manque de limites internes, de manque de responsabilité envers les autres ou de l’incapacité à soutenir des buts à long terme. Ceci peut mener à des problèmes concernant les droits des autres, ou concernant ses propres objectifs.

Schémas précoces de dépendance aux autres : Importance excessive attachée aux besoins, désirs et réactions des autres, aux dépens de ses propres besoins afin d’obtenir leur affection ou leur approbation, par peur d’être abandonné ou pour éviter les représailles. Fréquemment, il existe une colère refoulée dont on n’est pas conscient.

Schémas précoces d’hypervigilance et inhibition : Contrôle exagéré de nos réactions, sentiments et choix pour éviter les erreurs ou maintenir des règles personnelles. Cela se fait souvent aux dépens d’autres aspects de notre vie: plaisirs, loisirs, amis, santé.

Pour qui ?

La thérapie des schémas est une des principales recommandations psychothérapeutiques face aux troubles de la personnalité.
Une fois activés, les schémas inadaptés provoquent des émotions intenses qui mènent fréquemment, directement ou indirectement, à divers problèmes psychologiques tels la dépression, l’anxiété, la panique, la solitude, les relations destructrices, l’abus d’alcool, de drogues, de nourriture et des désordres psychosomatiques. Le plus souvent c’est au sujet de l’un de ces problèmes que la personne consulte un psychologue ou un médecin.
La personne pour qui un ou des schémas représentent un problème n’en a souvent pas conscience. Soit parce que les croyances associées à ces schémas lui semblent tellement naturelles et évidentes qu’elle ne les a pas remarquées, soit parce qu’elle évite ou contre-attaque. Toutefois, ces schémas déterminent l’interprétation des situations que la personne vit, c’est-à-dire ce qu’elle se dit au sujet de ces situations. Ces interprétations, appelées pensées automatiques, sont des pensées plus facilement accessibles à la conscience que les schémas (ex : « Qu’est-ce que les gens vont dire? Il faut que tout soit fait à temps. Comment osent-ils me traiter ainsi? Il se désintéresse de moi. Je ne suis pas capable de rester seule… »). Elles manquent souvent d’objectivité. Bien que logiques par rapport aux croyances sous-jacentes, elles sont souvent inexactes dans la situation vécue.

Comment ?

La thérapie des schémas s’intéresse aux problématiques dites chroniques qui trouvent leur origine dans l’enfance et l’adolescence. Elle aide à combler nos besoins de base, de manière plus adaptée, en changeant et/ou en gérant les schémas inadaptés et les stratégies d’adaptation.
Les expériences nocives de l’enfance sont à l’origine des schémas précoces inadaptés. Ceux qui se développent le plus tôt et qui sont les plus forts trouvent généralement leur origine dans la dynamique familiale car celle-ci correspond, pour l’enfant, à celle du vaste monde.

4 expériences concourent à la constitution des schémas précoces inadaptés :
  • Frustration des besoins
  • Traumatisation ou victimisation (violences physiques, psychologiques et/ou sexuelles, négligences physiques et/ou affectives)
  • Excès de satisfaction des besoins
    • Excès de protection et intrusion : enfant, nous n’avons pas pu faire nos propres expériences et tirer bénéfices de nos erreurs car nos proches nous ont trop couvé et/ou avaient l’habitude de « tout faire à notre place »
    • Excès d’autonomie et de liberté : lorsqu’il n’y a pas de tuteur ou de soutien, la tolérance à la frustration et le sens des limites interpersonnelles ne se développent parfois pas suffisamment
  • Internalisation ou identification sélective : les figures parentales sont tout pour l’enfant qui ne connaît que ces modèles. On peut s’approprier les pensées, expériences, émotions et comportements de toute figure parentale. On adopte alors (le plus souvent inconsciemment) certains aspects comportementaux, cognitifs et émotionnels des personnes qui nous entourent. Le tempérament détermine en partie la façon dont on va procéder à l’identification et à l’internalisation des caractéristiques d’un proche
Elles correspondent à différentes manières de ne pas satisfaire les 5 besoins affectifs fondamentaux :
  1. Sécurité liée à l’attachement aux autres
  2. Autonomie, compétence et sens de l’identité
  3. Liberté d’exprimer ses besoins et ses émotions
  4. Spontanéité et jeu
  5. Limites et autocontrôle

La thérapie des schémas nous aide à trouver des moyens adaptés pour satisfaire ces besoins universels.
Le tempérament, génétiquement déterminé, influence l’origine du schéma ainsi que ses stratégies adaptatives. Les enfants d’une même fratrie, élevés dans le même environnement affectif, matériel et événementiel, réagissent différemment aux conditions de vie en fonction de leur tempérament. Un enfant « émotif et nerveux » réagira plus souvent par la contre-attaque, alors qu’un enfant « tranquille » réagira plus facilement par la soumission ou l’évitement. Inversement, la place dans la fratrie et la distribution des « rôles » entre frères et sœurs influent beaucoup sur le vécu et les comportements d’un enfant.

Des stimuli extérieurs peuvent réactiver les schémas : informations sensorielles (visuelles, auditives, gustatives…), relationnelles (critiques, signes d’affection, autorité…) ou des stimuli intérieurs (sensation, émotions, cognitions/pensées, souvenirs…). Lorsqu’un individu rencontre des stimuli ressemblant à un événement infantile qui a conduit à l’élaboration d’un schéma, les émotions et sensations physiques associées à cet événement sont automatiquement activés par l’amygdale. Cette activation persistera pratiquement tout au long de notre vie, plus ou moins intensément.

Trois types d’intervention :
  • des techniques émotionnelles (ex : travail d’imagerie permettant, grâce aux ressources de l’imaginaire, d’identifier les origines affectives des schémas et de « reparenter » le « moi-enfant » de l’individu en souffrance) ;
  • des techniques cognitives (ex : aider l’individu à trouver des contre-arguments aux croyances associées à ses schémas) ;
  • des techniques comportementales (ex : planifier des « épreuves de réalité » pour prouver à l’individu qu’il peut atteindre des objectifs qu’il croyait impossibles à cause de ses schémas).

La thérapie des schémas dure, en général, de un à deux ans. Cependant, les 1ers effets bénéfiques peuvent se faire ressentir au bout de quelques mois voire quelques semaines. Lorsqu’elle n’arrive pas à la guérison complète, elle permet au moins de réduire l’intensité des répercussions du schéma sur notre vie.

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